El Nino est de retour
Agence qmi
Environnement - Publié le 26 juillet 2009 à 09:00
«C’est la faute à El Nino», chantait Plume Latraverse. Il n’avait peut-être pas tort le bougre alors que les effets de «l’enfant» peuvent avoir un impact un peu partout sur le globe.
L’ami Plume pourra peut-être même faire une suite à sa chanson car El Nino est de retour. Il se trouve maintenant dans le Pacifique au large du Pérou depuis le début juin.
«C’est un courant océanique qui apporte se situe à des températures plus élevées de 0,5 à 0,8 degrés. Et celui-ci est de force moyenne comme en 1998», confirme Richard Moffet, météorologue chez Environnement Canada.
El Nino devrait donc montrer sa présence durant 9 mois à une année. Et cela devrait surtout se faire sentir dans les prochains mois.
C’est surtout durant l’automne et l’hiver qu’on pourra ressentir ses effets. Pour le Québec, cela pourrait représenter une hausse d’un à 1,5 degrés d’augmentation. On peut donc s’attendre à recevoir plus de pluie durant l’hiver. Mais avant de se remémorer la Crise du verglas et de crier au loup, il faut prendre une bonne respiration.
«La Crise du verglas est certes tombée durant une année El Nino. Mais c’est avant tout un événement fortuit. Il y a un pas qu’il ne faut pas franchir en assimilant les deux», indique M. Moffet.
Joint par Argent, Hydro-Québec se dit toutefois prêt à toutes éventualités. Les météorologistes surveillent El Nino mais rien n’a été fait jusqu’ici de spécial. «Nos équipes surveillent le phénomène comme nous observons d’autres phénomènes», indique Ariane Connor, porte-parole de la société.
On se rappelle que la Crise du verglas avait été très coûteuse pour l’État mais également pour les compagnies d’assurances. Au total, le Bureau d’assurance du Canada avait dénombré un total de 792 514 réclamations de dommages aux maisons, autos et propriétés pour un total de 1,6 milliards de dollars.
Toutefois, l’impact économique du courant marin est encore difficile à évaluer sur les différentes régions du monde. Et a varié lors des 11 années El Nino depuis 1950.
«Chaque année El Nino est différente. Ce qu’on sait toutefois c’est que l’Ouest Canadien et les États-Unis pourraient être touchés plus fortement que le Québec par exemple», indique M. Moffet.
Ces régions verront notamment le mercure augmenter. Pour la région de Vancouver, la chose pourrait se compliquer alors que la ville présentera les Jeux Olympiques en 2010. Selon le météorologue, la région recevra environ 10 % moins de neige qu’une année normale. Les mois de février et mars devraient également être plus doux qu’à la normale.
Dans d’autres pays, on semble beaucoup plus préoccupés par l’arrivée d’El Nino. Cité par Reuters, David Jones qui dirige le centre de météorologie en Australie est beaucoup plus pessimiste.
«El Nino est comme une petite récession. Vous êtes dedans avant même de le savoir vraiment», affirme-t-il.
Il faut le comprendre. L’Australie est plus impactée lors d’une année El Nino. Alors que le Québec est arrosé, le plus grand pays de l’Océanie qui est un des greniers mondiaux vit habituellement des sécheresses. Ce qui fait grimper le prix des grains transigé à Chicago.
D’autres pays comme l’Inde qui produit du soja et du sucre pourraient connaître de fortes inondations. Encore là, le prix de ces «soft commodités» devrait alors monter.
Des pays producteurs de cuivre comme le Chili et le Pérou verront aussi des crues importantes ce qui risque de stopper leur production.
L’El Nino risque donc de chambouler l’économie mondiale s’entendent pour dire les spécialistes. Une économie déjà bien sonnée par la crise mondiale.
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